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Vérifier si votre métier vous correspond encore

12 janvier 20263 min de lecture

Avant de tout remettre en question, il y a un examen à faire. Il prend une heure et il évite souvent une décision inutile.

Vous vous demandez si vous êtes encore à votre place. La question tourne depuis des mois, elle revient les dimanches soir, et vous n'osez la formuler à personne.

Avant d'y répondre, il faut la découper. Parce que « je ne suis plus à ma place » recouvre au moins quatre situations différentes, qui n'appellent pas du tout les mêmes décisions.

Les quatre écarts possibles

L'écart de rôle. Vous vous êtes formé·e à un métier, vous en exercez trois. Soignant·e, gestionnaire, employeur·se. Deux de ces trois rôles ne vous ont jamais été enseignés, et ce sont eux qui consomment vos journées.

L'écart de rythme. Le métier vous convient, la cadence non. Ce n'est pas la nature du travail qui pose problème, c'est sa densité et son absence de respiration.

L'écart d'environnement. Ni le métier ni le rythme. C'est l'endroit, l'équipe, l'associé·e, le mode de fonctionnement qui s'est installé sans que personne ne l'ait choisi.

L'écart de fond. Le plus rare, et le seul qui justifie une décision radicale. Le métier lui-même ne vous correspond plus, indépendamment de tout le reste.

La plupart des gens qui pensent être dans le quatrième cas sont en réalité dans le premier ou le troisième.

Changer de métier pour régler un problème d'environnement, c'est déménager pour réparer une fuite.

L'examen, concrètement

Prenez une semaine type. Découpez-la en heures et classez chaque heure dans l'une de ces trois cases : ce pour quoi je me suis formé·e, ce qui va avec mais que je n'ai pas choisi, ce qui n'a rien à y faire.

Faites le total.

La plupart des libéraux·les découvrent que la première case représente bien moins que la moitié de leur semaine. Et que la troisième, celle qui n'a rien à y faire, est loin d'être négligeable.

Ce chiffre suffit souvent à transformer un malaise diffus en problème identifié. Ce n'est pas votre métier qui vous pèse : c'est que vous ne l'exercez qu'une fraction de votre temps.

Ce qu'on en fait

La troisième case se traite en premier. Ce qui n'a rien à y faire doit sortir, être délégué, automatisé ou supprimé. C'est le gisement le plus important et le plus rapide.

La deuxième case se structure. Ces tâches ne disparaîtront pas, mais elles peuvent être regroupées, encadrées par des règles, réduites à leur nécessaire.

La première case se protège. C'est la seule qui justifie tout le reste. Elle mérite vos meilleures heures, pas les restes.

Le vrai signal de l'écart de fond

Il y en a un, et il est net : quand vous imaginez exercer votre métier dans des conditions idéales, sans administratif, sans tension, à un rythme choisi, et que même là ça ne vous fait rien.

Si l'idée vous fait quelque chose, même faiblement, le problème n'est pas le métier. Il est réparable, et probablement plus vite que vous ne le croyez.

Vous vous êtes reconnu·e en lisant ?

Le diagnostic met un chiffre là où vous n'aviez qu'une impression. Douze minutes, et vous savez ce qui vous vide, où vous en êtes par rapport aux autres de votre métier, et par quoi commencer.

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