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Ce que vous appelez un échec est une information

12 janvier 20263 min de lecture

Un recrutement raté, un investissement manqué, une décision regrettée. La question n'est pas de savoir si c'était un échec.

Vous y repensez encore. Ce recrutement qui a mal tourné, cet investissement qui n'a rien donné, cette association qui s'est mal terminée.

Et à chaque fois, la même conclusion intérieure : je n'aurais pas dû, j'aurais dû voir, je me suis trompé·e.

Cette conclusion ne sert à rien. Elle vous coûte de l'énergie et ne produit aucun apprentissage utilisable.

La différence entre juger et analyser

Juger, c'est se prononcer sur soi. Je me suis trompé·e, je ne suis pas bon·ne à ça, je n'aurais pas dû. C'est rapide, c'est douloureux, et ça ne dit rien sur ce qu'il faudrait faire autrement.

Analyser, c'est se prononcer sur le processus. Quelle information me manquait ? À quel moment ai-je décidé ? Dans quel état ? Qu'est-ce que j'ai négligé de vérifier ?

La première démarche crée de la culpabilité. La seconde crée une règle.

Une décision peut être mauvaise sans que vous ayez été mauvais·e. Et une décision correcte peut mal tourner.

Le piège du résultat

On juge presque toujours une décision à son résultat. C'est logique et c'est une erreur.

Une décision se juge sur ce que vous saviez au moment de la prendre, pas sur ce que vous avez appris depuis. Certaines décisions parfaitement raisonnables tournent mal par malchance. Certaines décisions négligentes réussissent par hasard, et vous confirment dans une mauvaise habitude.

Si vous ne faites pas cette distinction, vous apprendrez les mauvaises leçons dans les deux sens.

L'analyse qui produit quelque chose

Quatre questions, à froid, une fois que l'émotion est retombée.

Le coût réel de ne pas le faire

  • Qu'est-ce que je savais, exactement, au moment de décider ? Pas ce que je sais maintenant.
  • Qu'est-ce que j'aurais pu vérifier et que je n'ai pas vérifié ? C'est là que se trouve l'apprentissage utile.
  • Dans quel état ai-je décidé ? Fatigue, pression, urgence. Ce facteur est présent dans une large part des décisions regrettées, et personne ne le note.
  • Quelle règle est-ce que j'en tire ? Une phrase, écrite. Sinon rien ne change.

Sans cette analyse, deux choses se produisent.

Vous répétez, parce que la cause n'a jamais été identifiée. Le prochain recrutement se fera dans les mêmes conditions, avec les mêmes vérifications manquantes.

Et vous devenez plus prudent·e sans être plus juste. La peur de refaire la même erreur produit de l'évitement, pas du discernement. Vous cessez de décider plutôt que d'apprendre à mieux décider.

Ce qu'il reste à faire

Reprenez la décision qui vous pèse le plus, celle qui revient encore. Passez-la aux quatre questions. Écrivez la règle.

Vous constaterez deux choses : que l'erreur était rarement là où vous la placiez, et que la culpabilité tombe presque toujours quand la cause devient précise.

Vous vous êtes reconnu·e en lisant ?

Le diagnostic met un chiffre là où vous n'aviez qu'une impression. Douze minutes, et vous savez ce qui vous vide, où vous en êtes par rapport aux autres de votre métier, et par quoi commencer.

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