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À chacun·e sa friction

28 janvier 20263 min de lecture

Prescrire la même solution à tout le monde est aussi absurde que prescrire les mêmes lunettes à toute une salle d'attente.

Vous avez essayé la respiration, la marche, la méditation, la organisation. Certaines choses fonctionnent un peu, d'autres pas du tout, et vous en concluez que rien ne marche vraiment.

L'explication est plus simple : vous avez appliqué des remèdes généraux à un problème particulier. Ce qui vous use n'use pas votre confrère de la même façon.

Quatre sources, quatre remèdes

Ce qui déclenche la surcharge varie fortement d'une personne à l'autre. Quatre profils dominants reviennent constamment sur le terrain.

Le volume. Ce qui vous épuise, c'est la quantité. Trop de sollicitations, trop de dossiers, trop de tout. Pour vous, la respiration ne sert à rien : ce qu'il faut, c'est retirer, déléguer, filtrer.

L'imprévu. Le volume ne vous dérange pas tant que c'est prévu. C'est le changement de dernière minute qui vous détruit. Votre remède n'est pas d'en faire moins, mais de construire des marges et des protocoles pour l'inattendu.

Le relationnel. Les tâches ne vous coûtent rien. Une tension avec quelqu'un vous coûte trois jours. Pour vous, aucune méthode d'organisation ne changera quoi que ce soit tant que le conflit n'est pas traité à la source.

Le sens. Ni le volume, ni l'imprévu, ni les gens. Ce qui vous vide, c'est de passer vos journées loin de ce pour quoi vous vous êtes formé·e. Aucun outil de productivité ne répare ça. Seule une redéfinition de ce que vous faites réellement le peut.

Un remède appliqué au mauvais profil ne fait pas peu d'effet. Il ajoute une preuve d'échec à un problème non traité.

Comment identifier le vôtre

Repensez à vos trois pires journées des six derniers mois. Pas les plus chargées : les plus éprouvantes.

Qu'avaient-elles en commun ? Beaucoup de choses à faire ? Un programme bouleversé ? Une personne difficile ? Le sentiment de faire tout sauf votre métier ?

La réponse est presque toujours nette, et presque toujours différente de ce que vous auriez répondu spontanément.

L'erreur du conjoint bien intentionné

On vous conseille ce qui a marché pour quelqu'un d'autre. Le sport, la méditation, une meilleure organisation, davantage de délégation.

Ces conseils sont sincères et souvent inadaptés. Ils décrivent le remède d'un autre profil que le vôtre. Quand ils échouent, vous vous en voulez, ce qui ajoute de la culpabilité à un problème déjà mal identifié.

Commencer par le bon bout

Avant de chercher quoi faire, identifiez ce qui vous use réellement. C'est un travail de quelques minutes, et il change complètement la suite.

La plupart des gens passent des années à appliquer les mauvaises solutions avec beaucoup de sérieux. Ce n'est pas leur discipline qui manque. C'est le diagnostic.

Vous vous êtes reconnu·e en lisant ?

Le diagnostic met un chiffre là où vous n'aviez qu'une impression. Douze minutes, et vous savez ce qui vous vide, où vous en êtes par rapport aux autres de votre métier, et par quoi commencer.

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