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Souveraineté ou liberté, la nuance qui change tout

11 janvier 20263 min de lecture

Demandez à un·e libéral·e ce qu'iel voulait en s'installant. La réponse est presque toujours « la liberté ». C'est précisément pour ça que ça coince.

Vous vous êtes installé·e pour être libre. Ne plus dépendre d'un patron, choisir vos horaires, décider de votre façon de travailler.

Quelques années plus tard, le constat est plus nuancé. Vous avez la liberté, sur le papier. Vous ne l'exercez jamais. Vous êtes plus attaché·e à votre structure que vous ne l'étiez à n'importe quel employeur.

Ce n'est pas un échec personnel. C'est une confusion de départ, très répandue, entre deux choses qui n'ont rien à voir.

Ce que la liberté signifie vraiment

La liberté, c'est l'absence de contrainte extérieure. Personne ne vous impose vos horaires. Personne ne valide vos décisions. Personne ne vous dit comment exercer.

Formulé ainsi, ça sonne bien. Mais l'absence de contrainte n'est pas un état confortable : c'est un vide. Et un vide se remplit toujours. Chez la plupart des libéraux·les, il se remplit de la demande des autres. Les patients, l'équipe, les fournisseurs, l'administration, la famille.

Vous êtes libre de dire non. Vous ne dites jamais non. Donc la liberté existe théoriquement et n'existe pas concrètement.

La liberté vous retire les contraintes. Elle ne vous donne pas la capacité de les remplacer par les vôtres.

Ce qu'est la souveraineté

La souveraineté, c'est autre chose. Ce n'est pas l'absence de contrainte, c'est le fait de choisir lesquelles vous acceptez.

Un·e souverain·e a des règles. Beaucoup. Mais ce sont les siennes, elles sont explicites, et elles tiennent quand la pression monte. Le mardi après-midi n'est pas disponible, non pas par caprice, mais parce qu'il sert à ce qui n'avancerait jamais autrement. La réponse aux messages attend le créneau prévu, non par négligence, mais parce que l'attention en continu détruit la qualité du reste.

La différence pratique est considérable. La personne libre subit ce qui arrive parce qu'elle n'a rien posé. La personne souveraine a posé, donc elle peut accueillir l'imprévu sans que tout se disloque.

Comment savoir où vous en êtes

Trois questions, réponses honnêtes.

  • Sur les cinq dernières décisions importantes, combien ont été prises par vous, et combien par les circonstances ?
  • Si vous vous arrêtiez trois semaines, qu'est-ce qui se casserait ? Et pourquoi personne d'autre ne peut le porter ?
  • Quand avez-vous dit non pour la dernière fois à une demande légitime mais mal placée ?

Si les réponses vous mettent mal à l'aise, vous êtes probablement libre. Vous n'êtes pas souverain·e.

Le passage

Il ne se fait pas en décidant d'être plus ferme. Il se fait en écrivant vos règles avant que la pression n'arrive, parce qu'une règle décidée dans l'urgence ne tient jamais.

C'est moins romantique que la liberté. C'est ce qui permet, dix ans plus tard, d'exercer encore le métier qu'on a choisi.

Vous vous êtes reconnu·e en lisant ?

Le diagnostic met un chiffre là où vous n'aviez qu'une impression. Douze minutes, et vous savez ce qui vous vide, où vous en êtes par rapport aux autres de votre métier, et par quoi commencer.

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